Ce lundi 6 avril 2026, le carrefour de Delmas 32 s’est transformé en point de tension majeur. Dès 9 heures du matin, des pneus enflammés ont été érigés en barricades, paralysant partiellement la circulation. À l’origine de ce mouvement : des chauffeurs de transport en commun, excédés par la récente hausse des prix du carburant. Cette action traduit un ras-le-bol grandissant dans un contexte socio-économique déjà extrêmement fragile.
Au-delà de la protestation immédiate, cette situation ravive le souvenir encore vif des mobilisations de 2018, lorsque une augmentation bien moindre des produits pétroliers avait suffi à plonger le pays dans un épisode de “peyi lòk”. À l’époque, une large frange de la classe politique s’était positionnée aux côtés de la population pour dénoncer les décisions gouvernementales. Aujourd’hui, le contraste est frappant : plusieurs de ces figures se retrouvent désormais au cœur du pouvoir, aux côtés du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, adoptant une posture bien plus silencieuse face à la détresse populaire.
Cette absence de relais politique renforce le sentiment d’abandon ressenti par une grande partie de la population. Entre inflation galopante, explosion des coûts du transport et précarité accrue, les citoyens peinent à faire entendre leur voix. À Delmas 32 , la rue devient alors le seul espace d’expression. Ce nouvel épisode de tension pourrait bien annoncer une montée progressive de la contestation, dans un pays où les frustrations accumulées menacent, une fois de plus, de déborder.
Miracson MONDÉSIR
