‎Haïti : Une opération de la PNH à La Saline soulève des questionnements sur des réseaux criminels

Ce vendredi 1er mai 2026, dans une intervention coordonnée à La Saline, commune de Port-au-Prince, la Police nationale d’Haïti (PNH), appuyée par la Task Force, a porté un coup aux réseaux d’enlèvement (kidnapping) opérant dans la capitale.

‎Au cœur de cette opération, l'interception d'un véhicule baptisé « Zo Reken ». Selon des sources policières, ce véhicule serait un outil clé utilisé par des ravisseurs pour mener leurs activités criminelles, notamment à Delmas.

‎La fouille du véhicule a permis de mettre la main sur un arsenal hétéroclite qui soulève de graves questions sur le mode opératoire des malfrats : 196 cartouches de calibre 5,56 mm, cinq casques balistiques, cinq gilets pare-balles complets, ainsi qu’une paire de bottes et un gyrophare interne. 

‎Le Plus troublant dans tout ça, c'est que les forces de l’ordre ont découvert cinq maillots à manches longues estampillés PNH/DCPJ.

‎Cette saisie met en lumière une stratégie d’usurpation de l’autorité. En se faisant passer pour des membres des forces de l'ordre, les ravisseurs sèment la confusion et facilitent leurs méfaits.

D’où proviennent ces uniformes officiels et ce matériel de protection ? S’agit-il de matériel volé lors d’opérations précédentes ou d’équipements obtenus par des complicités internes ? Toutes des questions importantes pour la nation, mais qui restent sans réponse jusqu'à présent.

‎Si l’opération à La Saline marque une victoire tactique, elle ne constitue qu'un volet d'une situation sécuritaire qui demeure précaire. Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, le centre-ville de Port-au-Prince a été le théâtre d’affrontements armés intenses.

‎Des échanges de tirs nourris ont été rapportés par les riverains aux 1re et 2e avenues Bolosse entre autres. À l'heure où nous écrivons cet article, aucun bilan officiel n'a été communiqué par les autorités, laissant les résidents dans l'incertitude face à l'ampleur des dégâts et aux éventuelles victimes collatérales.

‎Ces opérations, bien que nécessaire, suffiront-elles à endiguer la montée en puissance des groupes armés qui contrôlent des zones névralgiques de la capitale ? Jusqu'où s'étend l'infiltration des réseaux criminels au sein de l'Etat?

‎Alors que la population attend des mesures concrètes pour garantir sa liberté de mouvement et sa sécurité, ces événements réitèrent l’urgence d’une stratégie globale capable de briser durablement le cycle de la violence, au-delà de la simple saisie ponctuelle de matériel.

‎Une Affaire à suivre...

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